
La décision de faire ses valises et de s'installer au Maroc avec sa famille va bien au-delà d'une simple conversion entre le dirham et le dollar. C'est une redéfinition totale de votre quotidien, de votre budget familial et de l'avenir que vous offrez à vos enfants.
Pour vous donner l'heure juste, nous avons passé au crible le coût de la vie dans les grandes métropoles (Casablanca, Rabat, Toronto, Montréal, Vancouver) et dans les villes moyennes (Fès, El Jadida, Sherbrooke, London). Le constat est nuancé, parfois contre-intuitif — et toujours chiffré.
Le logement sera votre plus grosse dépense, quel que soit le côté de l'océan. Mais vos attentes en termes d'espace vont devoir s'ajuster radicalement selon le pays.
Le climat dicte vos factures. L'hiver canadien exige un chauffage continu, souvent au gaz, qui lisse les coûts à environ 223 $CA par mois en moyenne (avec des pics à 400$ CA en plein froid polaire). L'électricité y est facturée selon l'heure (jusqu'à 28,6 ¢/kWh en heure de pointe), obligeant les familles à lancer leurs machines la nuit pour économiser. Internet est particulièrement cher au Canada (autour de 65 $à 80$ CA par mois).
Au Maroc, la chaleur de l'été rend la climatisation indispensable pour beaucoup. Le système fonctionne par tranches progressives : plus vous consommez, plus vous êtes lourdement pénalisé. Une famille dans une villa avec piscine verra ses factures d'eau et d'électricité s'envoler (souvent de 1 200 à 1 800 MAD juste pour l'électricité en été). En revanche, la fibre optique y est très abordable et performante (entre 250 et 500 MAD).
| Poste de Dépense | Canada (Ontario*) | Maroc (Casa / Rabat) |
|---|---|---|
| Électricité | ~95 $ CA / mois | 400 – 1 500 MAD (varie avec la climatisation) |
| Eau & Assainissement | ~91 $ CA / mois | 150 – 600 MAD |
| Chauffage (Gaz) | ~223 $ CA / mois (pics à 400 $) | Inclus via climatisation réversible |
| Internet Haut Débit | 65 – 85 $ CA / mois | 250 – 500 MAD (35 – 68 $ CA) |
Estimations mensuelles pour un foyer de 4–5 personnes · Sources : données publiques 2025–2026 -Au Québec, l'eau est généralement incluse dans le loyer ou les taxes municipales.
La magnifique villa marocaine avec jardin et piscine coûte le même prix mensuel qu'un appartement exigu au centre-ville de Toronto. L'espace est clairement du côté du Maroc — le marché immobilier, lui, est du côté du Canada (en termes d'accessibilité dans les villes régionales).
La plus grande différence entre le Maroc et le Canada, c'est la façon dont l'État utilise l'argent public pour aider ses citoyens — et c'est ce qui change tout au calcul final.
Au Canada, les impôts sont très élevés. Mais en échange, l'État offre des écoles et des hôpitaux gratuits pour tous, ainsi que des aides financières fortement ciblées pour les familles. Au Maroc, le gouvernement commence à mettre en place des aides sociales, mais dans la réalité, les familles de la classe moyenne et aisée doivent souvent payer de leur poche pour avoir accès à de bonnes écoles privées ou de bonnes cliniques. Elles paient donc deux fois : d'un côté leurs impôts, et de l'autre, ces frais supplémentaires pour le privé.
Le Canada est réputé pour ses impôts très élevés, conçus pour financer des services publics gratuits et des aides familiales. Par exemple, l'Allocation canadienne pour enfants (ACE) offre un soutien non imposable majeur : jusqu'à 7 997 $CA par an (environ 666$ CA/mois) pour un enfant de moins de 6 ans, et 6 748 $CA (562$ CA/mois) pour les 6 à 17 ans. L'enfant majeur à l'université n'y a plus droit. Cependant, attention : cette aide diminue drastiquement si vos revenus dépassent 37 487 $CA. Pour un couple de cadres gagnant entre 120 000$ et 150 000 $ CA net, ces allocations fondent et disparaissent presque. L'impôt sur le revenu y est d'ailleurs punitif : en combinant le fédéral et le provincial, le taux marginal peut frôler les 53 % au Québec.
Le Maroc, de son côté, développe son filet social, notamment avec une aide directe de 500 à 1 200 dirhams (MAD) par mois pour les familles vulnérables. Bien que ce soit une avancée historique pour le pays , une famille de classe moyenne ou aisée n'y est généralement pas éligible. Les allocations familiales pour les salariés du privé (CNSS) restent modestes (par exemple, 100 DH mensuels à partir du quatrième enfant). L'impôt sur le revenu marocain plafonne à 38 % pour les hauts salaires , mais il s'accompagne d'une "seconde taxe" invisible : l'obligation quasi absolue de payer de sa poche pour des écoles privées et des cliniques de qualité.
| Catégorie | Canada (ON / QC / BC) | Maroc | Impact pour votre famille |
|---|---|---|---|
| Pression fiscale max. | 46 % – 53 % | 38 % | Revenu net fortement réduit au Canada |
| Aides familiales (cadres) | Réduites ou éliminées au-delà de 37 487 $ CA | Inexistantes pour la classe moyenne | Égalité de fait : aucun des deux ne compte sur l'État |
| Retour sur l'impôt | Santé d'urgence + Éducation publiques gratuites | Santé et éducation privées payantes | L'impôt canadien remplace les dépenses privées marocaines |
Au Maroc, l'accès aux fruits, légumes de saison et poissons frais sur les marchés est exceptionnel et défiant toute concurrence. Pour une famille de cinq personnes à Casablanca, un budget alimentaire confortable aux saveurs locales s'établit autour de 2 500 MAD (environ 340 $ CA) par mois. Si vous habitez Fès, cela peut même descendre à 1 800 MAD. Par contre, si vous ne jurez que par les supermarchés et les produits importés d'Europe (céréales, fromages), votre budget doublera facilement pour atteindre 4 000 à 5 000 MAD.
Le Canada est un géant agricole en matière de céréales et de bétail, mais son climat nordique l'oblige à importer massivement ses fruits et légumes frais, rendant son panier d'épicerie particulièrement vulnérable aux fluctuations monétaires et aux coûts de transport mondiaux. Le rapport officiel sur les prix alimentaires canadiens de 2026 (Canada Food Price Report) dresse des projections austères. Pour une famille typique de quatre personnes, les dépenses alimentaires annuelles sont projetées à 17 572 $ CA (soit environ 1 460 $ CA par mois), et si vous souhaitez conserver une alimentation méditerranéenne (huile d'olive de qualité, viandes halal, épices), cette "taxe d'importation invisible" fera grimper votre ticket de caisse entre 1 800 $et 2 000$ CA par mois.
Le Canada importe massivement ses fruits et légumes frais. Pour une famille marocaine qui veut maintenir son alimentation habituelle (huile d'olive de qualité, viandes halal, épices), la facture grimpe de 25 à 35 % par rapport au panier alimentaire standard canadien.
S'il y a une raison majeure qui pousse les familles à choisir le Canada, c'est l'école. Le gouffre financier de l'éducation est le point de rupture entre les deux modèles de société.
Au Maroc, l'école publique est généralement évitée, rendant le recours au privé obligatoire. Les frais sont vertigineux. Une école privée locale coûte entre 1 500 et 5 000 DH par mois selon le niveau. Si vous optez pour les missions françaises (AEFE) ou internationales, les prix explosent : les coûts bruts pour intégrer le réseau français au Maroc sont vertigineux pour un revenu local.
| Niveau scolaire | Coût annuel (MAD) | Équivalent $ CA |
|---|---|---|
| Droits de 1ère inscription (DPI) | 25 000 MAD (unique) | ~3 400 $ CA |
| Frais annuels de réinscription (DAI) | 7 000 MAD / an | ~950 $ CA |
| Primaire / Élémentaire | 47 000–52 500 MAD | 6 400–7 200 $ CA |
| Collège | ~54 800 MAD | ~7 500 $ CA |
| Lycée | 60 000 MAD et plus | 8 200 $ CA et plus |
| Écoles IB / Cambridge (premium) | 80 000–250 000 MAD | 11 000–34 000 $ CA |
Multipliez cela par trois enfants, ajoutez-y l'université (entre 60 000 et 100 000 MAD par an au Maroc, ou 20 000 $à 40 000$ CA à l'étranger), et l'éducation devient un poids financier permanent écrasant.
Les alternatives privées locales dites "trilingues" n'offrent plus de véritable échappatoire financière. Des établissements prestigieux à Casablanca affichent des droits de première inscription autour de 6 000 MAD et des frais de scolarité au lycée de 56 500 MAD annuels. Les écoles ultra-premium adoptant des curriculums internationaux (IB, Cambridge) pulvérisent ces plafonds, facturant entre 80 000 et 250 000 MAD par année scolaire. Pour une famille type, avec un enfant au primaire et un au secondaire, la facture scolaire annuelle, sans même inclure les activités parascolaires, les voyages linguistiques, la cantine et le transport scolaire privé, dépasse structurellement les 110 000 MAD (soit près de 15 000 $ CA payés en argent net d'impôt).
À cette charge financière s'ajoute le coût des études supérieures. Au Maroc, intégrer une école privée de médecine, d'ingénierie ou de commerce représente déjà un budget de 60 000 à 100 000 MAD par an. Si la famille choisit d'envoyer son enfant étudier au Canada, la situation varie : un bachelier ayant le statut de résident ou bénéficiant des accords internationaux (comme les conventions de réduction des frais de scolarité entre le Canada et la France) paiera les mêmes tarifs réduits qu'un citoyen canadien
Pourtant, même avec cette réduction importante sur les cours, le coût de la vie sur place reste un défi majeur pour les parents restés au Maroc. Entre le loyer d'un logement étudiant, la nourriture, le chauffage et les frais du quotidien, le budget annuel s'envole facilement entre 20 000 $et 40 000$ CA. Il est à noter qu’il existe des bourses basées sur le mérite académique qui permettent de grandement alléger ces dépenses. Sans ces aides, le modèle éducatif marocain oblige les parents à accumuler une épargne colossale pour assurer l'avenir de leurs enfants.
Au Canada, la situation change complètement par rapport au Maroc : l'école n'est plus un luxe que l'on doit payer cher, mais un droit gratuit et d'excellente qualité pour tous. De la maternelle jusqu'à la fin du lycée, l'école publique est 100 % gratuite (car elle est financée par vos impôts). Et surtout, ce n'est pas un choix "par défaut" pour faire des économies. Les écoles publiques canadiennes sont reconnues dans le monde entier pour leur excellent niveau, leurs superbes installations sportives, leurs équipements informatiques modernes et le bien-être des élèves. Il n'est absolument pas nécessaire, sur le plan social ou académique, de recourir au secteur privé canadien (qui coûte néanmoins entre 15 000 $ et 30 000 $ CA par an pour les externats de l'élite ) pour assurer une éducation de classe mondiale à ses enfants, à moins d'exigences religieuses très spécifiques ou d'un désir de ségrégation sociale extrême.
Les écoles publiques canadiennes sont reconnues mondialement pour leur excellent niveau, leurs installations sportives et informatiques modernes. Il n'est absolument pas nécessaire de recourir au secteur privé (15 000 – 30 000 $ CA / an) pour assurer une éducation de classe mondiale à ses enfants.
Le plus grand bénéfice de votre déménagement se fera sentir quand vos enfants feront des études supérieures. Dès que vous devenez résident permanent ou citoyen canadien, votre enfant ne paie plus les tarifs exorbitants réservés aux "étudiants étrangers". Il bénéficie du tarif local, qui est très abordable pour des diplômes nord-américains si prestigieux.
| Province | Frais universitaires annuels |
|---|---|
| Québec | ~3 594 $ CA / an |
| Colombie-Britannique | ~6 607 $ CA / an |
| Ontario | ~8 514 $ CA / an |
Chaque dépôt dans un Régime Enregistré d'Épargne-Études est bonifié à hauteur de 20 % par le gouvernement — soit jusqu'à 500 $ CA d'argent gratuit par enfant et par an, avec un maximum de 7 200 $ CA sur la durée. L'argent croît également à l'abri de l'impôt.
En s'installant au Canada avec trois enfants, une famille économise d'un seul coup entre 20 000 $ et 30 000 $ CA chaque année — une somme qu'elle aurait obligatoirement dû dépenser au Maroc dans les écoles privées ou les missions étrangères. Au final, la gratuité de l'école transforme les fameux impôts canadiens en un excellent investissement pour l'avenir de votre famille.
Le Canada s'enorgueillit de son système de santé public universel (comme l'OHIP en Ontario ou la RAMQ au Québec), financé à même les lourds impôts collectés. La plus grande force de ce système, c'est sa façon de gérer les maladies graves. S'il s'agit d'une urgence de vie ou de mort (un accident grave, une opération du cœur, des soins intensifs ou un lourd traitement contre le cancer), vous êtes pris en charge à 100 %. À l'hôpital, tout est gratuit : les médecins, les machines et les médicaments. Vous ne recevrez aucune facture à la sortie. C'est une sécurité incroyable pour une famille, car cela garantit qu'une maladie grave ne vous ruinera jamais financièrement. En revanche, pour les petits soucis de santé de tous les jours, la réalité est beaucoup plus difficile. Le pays manque cruellement de médecins et les lenteurs administratives sont nombreuses.
Le Maroc opère structurellement sur un modèle de santé à deux vitesses. Bien que l'État ait mené des réformes louables (la généralisation de l'AMO et la conversion de l'ancien RAMED en AMO Tadamoun) élargissant la couverture sanitaire de base à près de 25 millions de citoyens 8, le réseau public des hôpitaux et centres de santé reste lourdement sous-financé, manquant de matériel et souffrant d'infrastructures inégales et d'un ratio médecin/habitant critique. Face à cette carence qualitative du service public, la classe moyenne et aisée recourt de manière quasi exclusive au vaste réseau des cliniques privées, secteur qui connaît une croissance exponentielle d'investissements. L'avantage majeur est la fluidité et le confort VIP : un rendez-vous chez un médecin spécialiste de renommée se prend du jour au lendemain, et l'accès à la technologie d'imagerie médicale (IRM, Scanners) est immédiat. Le revers de cette efficacité est la marchandisation agressive de la santé. Malgré la cotisation obligatoire à l'AMO et la souscription à des mutuelles privées complémentaires par les employeurs, le "reste-à-charge" (out-of-pocket payment) assumé par les patients demeure substantiellement élevé. De nombreux praticiens et cliniques imposent des tarifs et des honoraires dépassant largement les Tarifs de Référence Nationaux (TNR) servant de base aux remboursements étatiques. De plus, les pratiques occultes dites du "chèque de garantie" ou de paiement partiel "au noir" exigées avant certaines interventions majeures persistent, malgré leur illégalité théorique. En incluant les dépassements d'honoraires, la médecine dentaire spécialisée et la lunetterie, le budget santé annuel d'une famille marocaine aisée peut facilement absorber entre 10 000 et 20 000 MAD pour les routines et les petits aléas, nonobstant la prime d'assurance initiale.
Pour une famille en excellente santé traitant principalement des maux saisonniers, le modèle marocain offre un confort logistique supérieur au quotidien. En revanche, en cas de pathologie lourde ou prolongée, le filet de sécurité universel canadien est inégalable et protège intégralement le patrimoine familial — justifiant ainsi l'impôt versé.
La voiture individuelle demeure une nécessité absolue dans la vaste majorité du tissu urbain canadien et marocain, dictant l'accès à l'emploi et aux loisirs.
| Poste | Maroc (mai 2026) | Canada (mai 2026) |
|---|---|---|
| Diesel / Gasoil | ~14,50 MAD / litre | ~2,20 $ CA / litre (Ontario) |
| Essence Sans Plomb | ~14,40 MAD / litre | 1,29 $ (ON) – 1,87 $ CA (BC) |
| Assurance automobile | Abordable (bonus-malus classique) | 200–400 $ CA / mois (nouveaux arrivants traités comme jeunes conducteurs) |
| Location voiture (court terme) | 200–350 MAD / jour | 60–120 $ CA / jour |
| Pneus d'hiver + changement | Non applicable | Obligatoire — dépense annuelle significative |
Les nouveaux arrivants marocains dont l'historique de conduite étranger n'est pas reconnu par les assureurs locaux sont traités comme des « jeunes conducteurs à haut risque ». Les primes mensuelles dépassent couramment 200 à 400 $ CA par véhicule, pour une simple couverture de base.
Le budget que vous allez consacrer aux vêtements dépend d'une réalité très différente selon le pays : d'un côté, il faut survivre au froid, de l'autre, il faut soigner son image.
Pour équiper une famille de cinq personnes, il faut de vrais manteaux d'hiver (capables de résister à des températures de -20°C à -30°C, qui coûtent entre 150 $et 400$ CA pièce), des bottes de neige bien isolées et imperméables, des sous-vêtements chauds, des gants et des bonnets. Le problème avec trois enfants en pleine croissance, c'est qu'il faut presque tout racheter chaque année. C'est donc une grosse dépense obligatoire, de pur besoin, sur laquelle vous ne pourrez pas faire l'impasse.
Grâce au beau temps du Maroc, vous ferez l'économie des gros équipements d'hiver coûteux. Toutefois, dans les milieux urbains aisés, le budget vêtements des enfants reste élevé. La raison ? L'importance de l'apparence, l'envie de s'habiller comme les copains à l'école, et le grand succès des marques internationales (qui coûtent cher à cause des taxes d'importation). Pour maintenir le standing de leurs enfants dans les écoles privées huppées, les parents dépensent souvent autour de 5 000 MAD par semestre (soit 10 000 MAD ou environ 1 350 $ CA par an et par enfant).
Le Canada est un pays immense et magnifique, mais voyager en avion à l'intérieur de ses propres frontières coûte extrêmement cher. Pour une famille de 4 personnes, un simple voyage de l'Ontario vers les montagnes de l'Ouest canadien peut vite dépasser les 4 000 $à 6 000$ CA pour une petite semaine, juste pour les vols et l'hôtel, le train n’est pas mieux en termes d'économies $$$.
C'est pourquoi les Canadiens ont développé une véritable culture des vacances en voiture ("road trips"). L'été, les familles privilégient le camping dans les superbes parcs nationaux ou la location de chalets au bord des lacs (comptez entre 1 500 $et 3 000$ CA la semaine). L'hiver, l'autre grande tradition est de fuir le froid : une semaine au soleil dans les Caraïbes (Cuba, Mexique) en formule "tout inclus" pendant les vacances scolaires coûtera à la famille entre 5 000 $et 8 000$ CA.
Pour les familles marocaines installées au Canada, il y a une réalité financière implacable à anticiper : le besoin vital de rentrer au pays pour revoir la famille, typiquement tous les deux ans.
Ce fameux "retour aux sources" n'est pas une simple dépense de vacances, c'est un budget colossal et souvent exagéré, estimé entre 10 000 $et 20 000$ CA par voyage. Pourquoi est-ce si cher ?
Le piège du calendrier : Avec des enfants scolarisés, vous êtes obligés de traverser l'Atlantique entre fin juin et août. C'est la très haute saison, les compagnies aériennes le savent, et les prix des billets d'avion explosent littéralement.
Les frais sur place qui s'accumulent : Une fois arrivés, les dépenses continuent. Il faut souvent louer une voiture familiale aux tarifs forts de l'été marocain, et parfois louer un logement de vacances si la maison familiale ne peut pas accueillir tout le monde confortablement, sans parler du budget cadeau. Finalement, la famille s'épuise financièrement pour un seul voyage, souvent stressant et peu reposant.
10 000 $ à 20 000$ CA disparaît totalement. Mieux encore : cette somme économisée change complètement votre façon de voyager. Au lieu de vous ruiner pour un seul aller-retour épuisant tous les deux ans, vous débloquez la possibilité de multiplier les évasions familiales tout au long de l'année.
Le tourisme interne à la carte : Le Maroc offre des destinations de classe mondiale à quelques heures de route. Pour une petite escapade de décompression de 3 à 4 nuits dans un hôtel "tout compris" à Agadir ou Ouarzazate, comptez entre 3000- 5000 MAD.
Pour les grandes vacances d'été de deux semaines (location d'un bel appartement sur la côte nord vers Tanger, nourriture et sorties), le budget familial se situera facilement entre 20 000 et 30 000 MAD (soit environ 3 000 $à 4 500$ CA). C'est un budget, certes, mais infiniment plus agréable et qualitatif qu'un simple billet d'avion transatlantique !
L'Europe à la porte d'à côté : En vivant au Maroc, l'Europe (l'Espagne, la France, l'Italie, le Portugal, etc ) n'est qu'à deux ou trois heures de vol. Les compagnies low-cost permettent des petits week-ends fréquents à des prix défiant toute concurrence. Bien sûr, si la famille décide de passer ses grandes vacances d'été sur la Costa del Sol en Espagne, les frais de visas, de bateaux (ferries) et la conversion dirham/euro feront grimper ce grand voyage entre 40 000 et 60 000 MAD.
En résumé : Ce qu'une famille débourse tous les deux ans depuis le Canada uniquement pour réussir à atterrir au Maroc en plein été, lui permettrait, en vivant sur place, de s'offrir de superbes vacances d'été sur les côtes marocaines ou espagnoles, tout en ajoutant de petits week-ends en Europe le reste de l'année !
En vivant au Maroc, l'Espagne, la France, l'Italie et le Portugal ne sont qu'à 2 ou 3 heures de vol. Les compagnies low-cost permettent des week-ends fréquents à des prix défiant toute concurrence — là où une famille canadienne dépense le même budget juste pour atterrir au Maroc une fois tous les deux ans.
Quand on calcule le coût de la vie pour s'installer dans un nouveau pays, on oublie souvent le "coût mental" de la paperasse. Pourtant, la façon dont les services publics fonctionnent a un impact énorme sur le stress et l'emploi du temps d'une famille.
Au Maroc : Le poids de la bureaucratie et le stress des démarches. Bien que le Maroc fasse de grands efforts pour moderniser et mettre ses services en ligne (paiements sur internet, documents électroniques), l'administration reste souvent très lourde au quotidien. Il faut encore accumuler beaucoup de dossiers papier, faire de longues files d'attente et multiplier les allers-retours. Pour les parents, cela signifie souvent des heures perdues ou des jours de congé sacrifiés juste pour régler un papier officiel.
À cette lenteur s'ajoute une autre réalité : la petite corruption ("Rachwa") et le fait de devoir utiliser ses relations ou son réseau ("Wasta") existent encore. Parfois, cela semble être le seul moyen pour débloquer une situation, obtenir un permis ou faire avancer un dossier de ton droit. L'État marocain en est très conscient et lutte activement contre ces pratiques (le gouvernement et la police sévissent durement contre les fraudes et les fonctionnaires malhonnêtes). Mais pour une famille normale, cela reste une véritable "taxe psychologique" : on subit du stress, un sentiment d'injustice, et on n'est jamais sûr que le dossier aboutira sans devoir donner un petit billet en cachette.
Au Canada : Une transparence, mais un prix officiel pour aller vite. Le Canada offre une expérience complètement différente. Son système administratif est l'un des plus transparents au monde. La petite corruption (donner un billet pour avoir un permis ou un passeport plus vite) n'existe absolument pas. Si vous avez les bons papiers, la procédure suit son cours de façon prévisible. Vous n'avez besoin de connaître personne de "bien placé" pour que vos droits soient respectés. Pour une famille immigrante, cette garantie d'égalité est une source immense de tranquillité d'esprit.
Cependant, l'administration canadienne peut être très stricte et, face au grand nombre de demandes, souvent très lente. Puisqu'il est totalement impossible de glisser un billet à un agent pour aller plus vite, il y a des options de "Traitement Accéléré". Si vous êtes pressé (par exemple, si vous avez besoin d'un passeport en 24 heures au lieu de trois semaines), vous payez tout simplement un tarif d'urgence officiel. Au lieu de donner un pot-de-vin illégal dans l'ombre, vous payez une taxe claire directement à l'État, avec une facture, un reçu, et la garantie absolue d'obtenir votre document à temps. Vous payez plus cher, mais dans la plus grande transparence.
Budget annuel estimé pour une famille de 4–5 personnes (classe moyenne / supérieure)
| Catégorie budgétaire | Canada (Toronto / Vancouver / QC) | Maroc (Casablanca / Grandes villes) |
|---|---|---|
| Logement (location grand appart.) | 30 000 – 45 000 $ CA | 150 000 – 250 000 MAD |
| Épicerie & Alimentation | ~18 000 $ CA | 35 000 – 50 000 MAD |
| Éducation (3 enfants) | ~8 500 $ CA (universités locales) | 200 000 MAD et plus (missions / privé) |
| Factures & Utilités | 1 200 – 4 000 $ CA | 15 000 – 25 000 MAD |
| Santé (dentiste, lunettes, cliniques) | ~2 000 $ CA | 15 000 – 25 000 MAD |